Philippe Cas
Illumination 1 et 2
2020
Photographie couleur sur papier
80 x 60 cm
Edition de 5 exemplaires numérotés.
Série Illumination

Prix : 1 400 € chaque

 Né en 1971 à Marseille, Philippe Cas vit et travaille à Marseille.

Diplômé de l'Ecole nationale supérieure Louis Lumière à Paris.

 

État de quelque chose qui est éclairé d’une vive lumière, Apparition soudaine à l’esprit d’une idée qui jette une clarté nouvelle 

L’illumination c’est l’image qui s’imprime dans la rétine de tous les méditerranéens, de toute les époques, ce bain de lumière, de soleil et, notre mer si bleu qui nous baigne, nous enivre les sens. Cette transmis- sion à travers les générations d’un amour pour le vent, la lumière, la chaleur qui nous unis qui nous forge. 

C’est un travail de mémoire et de passation, celle de mon grand-père, la mienne et à travers cette histoire singulière celle d’autres avec qui ce patrimoine, la méditerranée est partagé. 

Des images bleus comme la mer, des photographies de pénombre et de lumière, un carnet de marche, des images anciennes comme des documents phantasmés. 

 

Envau, le soir, 

Que de souvenirs cela peut éveiller dans le cœur d’un excursionniste ? Combiens de camping peut-on se rappeler ? 

Envau ! C’est la calanque étroite dominée par de hautes falaises calcaires et que termine une plage de galets. Les parois sont abruptes, sur la blancheur du calcaire on aperçoit quelques taches brunes ou rougeâtres, cicatrices laissées par des croutes rocheuses que le gel ou la pluie ont déta- chées. Dans les fissures et sur les petites plateformes qui zèbrent les parois, une maigre végétation s’accroche. 

Dans les endroits où un peu de buisson a pu rester, quelques pins rabougris puisent le peu de fraicheur nécessaire à leur vie. Les deux falaises parallèles se resserrent à l’entrée de la calanque et forment un étroit goulet. Les plus mauvais temps n’ont que peu d’écho dans la calanque, tout au plus quelques risées courent sur son eau tranquille. 

Que de grandeur en ce lieu sauvage quand le soir descend. Quelques cris d’oiseaux rentrant au nid troublent seulement le murmure des flots qui roulent doucement les galets du rivage.
Le silence se fait de plus en plus, la lumière que la blancheur du calcaire rend si dure dans la journée, s’atténue peu à peu et devient bleutée. Le soleil qui a disparu depuis longtemps derrière la falaise doit noyer son disque de feu car des reflets rougeâtres courent dans le bleu du ciel. 

Le miroir d’eau encore tout rayonnant il y a un instant, s’assombrit. Les algues dessinent des figures noirâtres sur la blancheur du sable, une mouette attardée plane encore dans le ciel qui s’estompe, une étoile s’allume, c’est la douceur du crépuscule. 

Le cœur est pris par cette quiétude dans laquelle la nature s’endort. Il est doux d’écouter en ce lieu solitaire la chanson de la mer et de se laisser entrainer par de grisantes rêveries. Combiens de joies on ressent en ces instants ! On oublie le temps et la nuit vous surprend sortant d’un songe qui parait avoir duré des heures. 

L’ombre d’étend, les étoiles s’allument et là-bas entre les falaises le phare du cap Sicié surveille la mer endormie. On reste ainsi sans notions du temps ou de l’espace à regarder monter les étoiles dans le firmament. 

L’ombre se dissipe ! Serait-ce l’aurore ? Une lumière blafarde éclaire la falaise puis entre les pins un croissant de lune apparait et vient refléter ses rayons argentées sur l’eau de la calanque.
Les paupières se ferment et le léger souffle qui vient du large caresse le visage tel un baiser du soir que la nature donne en vous berçant. 

Jean Cas, avril 1937