Les expositions de 2021

13 Novembre 2021 - 08 Janvier 2022

PLATES SEMBLANCES

Fabien Gharbi

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C'est à un jeune artiste de 24 ans, fraîchement diplômé de l'école des Beaux-Arts de Marseille, que nous consacrons la dernière exposition de l'année. Il s'agit (déjà) de sa seconde exposition personnelle, mais la première dans la galerie Le Cabinet d'Ulysse.

D'emblée, on est surpris de découvrir un univers léger, tout en apesanteur, de formes géométriques et de jeunes couleurs acidulées ou alors aux tonalités  sourdes,  terreuses.

Les références sont nombreuses, l'abstraction géométrique, le minimalisme, l'art concret notamment. Cet héritage, l'artiste s'en amuse tel un virtuose qui aurait pris de la hauteur par rapport aux dogmes d'un siècle achevé. L'esthétique évoque les premières consoles de jeux des années 70, notamment Pong (1972), à l'architecture basique réduite à un seul module, le carré.

Fabien Gharbi se voit surtout comme un compositeur d'images, son vocabulaire est constitué de formes géométriques et de couleurs. Si la forme des châssis (le tableau-objet) est une composante importante de sa symphonie (en même temps qu'il délimite le camp pictural de chacune des œuvres), l'accrochage joue également un rôle majeur dans  l'élaboration d'une séquence rythmique visuelle propre à interagir avec le visiteur.

La musique, et les mathématiques constituent les fondations de la démarche de l'artiste.  Il ne faut cependant pas y voir une traduction ou interprétation visuelle de ces deux disciplines en peinture, mais plutôt la genèse d'un langage  propre, codé, soumis à ses propres règles d'équilibre et d'harmonie. Il faut noter également que Fabien s'émancipe de l'héritage de l'art minimaliste du siècle dernier en insistant volontairement sur la notion de picturalité : la facture, la trace du pinceau, cette matérialité plus ou moins importante du médium dans ses tableaux, révèle la nécessité de l'artiste de ne pas totalement s'effacer derrière son œuvre, mais d'y injecter un peu soi, de ses sentiments, de son vécu, de son histoire.

L'artiste présentera également un ensemble de gravures réalisées à partir des dessins préparatoires de ses peintures.

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28 août - 23 octobre 2021

SUPERNATURE

Claude Como

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Claude Como est née à Marseille en 1964. Elle passe les seize premières années de sa vie en Côte d'Ivoire, avec son père, biochimiste. Son enfance, puis une partie de son adolescence, s'inscrivent donc loin du formalisme et du carcan social européen. Claude Como s'épanouit librement au rythme  du continent africain. C'est sur ces fondations que l'oeuvre de Claude Como va se construire, se développer, comme un arbre naît de la terre.

 

Cependant, le retour en France est vécu douloureusement par la jeune Claude. Ce déracinement marquera une grande partie de son œuvre future (notamment la série des Déracinés), et l'on peut considérer aujourd'hui que sa pratique de l'art correspond finalement à un lent processus cathartique pour se libérer de ce traumatisme. Dans son œuvre, Claude Como semble vouloir faire revivre ces premières années en Afrique, menée par une insatiable envie d'appréhender la vie, le monde, avec énergie. Elle puise dans la nature,  cette source qui semble intarissable, pour créer un univers serein, presque immobile, comme le témoignage d'un temps ancien, mais parfois agité de soubresauts et de vents violents, évènements précurseurs d'une catastrophe annoncée, ou mémoire d'un cataclysme passé.

 

C'est ainsi que depuis 30 ans, Claude Como interroge le monde en investissant de nombreux moyens plastiques, tels que la peinture, la sculpture, l'installation. Cette exploration se décline la plupart du temps en séquences, des séries qui constituent les ramifications d'un écosystème artistique unique.

 

Depuis 2019, l'artiste se concentre sur une nouvelle phase de son travail.

C'est à l'aide d'une tufteuse, une sorte de pistolet projetant de la laine, que Claude Como donne naissance à des formes évocatrices d'un univers végétal sublimé et surdimensionné. Ces œuvres prennent place sur les murs, tantôt pièces indépendantes à envisager comme des tableaux, tantôt environnements organiques proliférant librement, une façon de mimer le processus de croissance du monde vivant, des installations qui offrent aux visiteurs une expérience immersive.

 

A partir du 28 août prochain, Claude Como et la galerie Le Cabinet d'Ulysse dévoileront au public  cette œuvre inédite, lors de l'exposition personnelle de l'artiste, Supernature. 

De cet univers luxuriant se révèlera une artiste passionnée, passionnante, à découvrir.

PRESSE

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22 mai - 31 juillet 2021

AESTHETICALLY PLEASING

Laurent Perbos

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Laurent Perbos est né en 1971. Il est diplômé de l'Ecole des Beaux-arts de Bordeaux. Il vit et travaille à Marseille.

 

Au centre de la démarche de Laurent Perbos : la société de consommation, l'industrie de masse, l'objet du supermarché ou du magasin de bricolage que l'artiste, en lointain héritier de Marcel Duchamp,  va soustraire et détourner, pour ensuite le restituer au public, transformé, dans le champs de l'art. Mais auparavant, il aura  modifié l'un des composants de l'objet, et/ou associer plusieurs d'entre eux de façon à créer un court-circuitage  des signes . Un flottement s'insinue dans l'esprit, une tension peut naître. Le but est de forcer le public à questionner son environnement direct, en introduisant les notions d'inattendu, d'ambiguïté et aussi d'imaginaire.  La pratique  de Laurent Perbos opère par glissement, ouvre des brèches dans le réel, mais  interroge aussi l'histoire de l'art, de la sculpture antique aux grands standards de la peinture moderne.

Aesthetically Pleasing est la première exposition personnelle de Laurent Perbos à la galerie Le Cabinet d'Ulysse, une proposition mixant des œuvres emblématiques de l'artiste à une toute nouvelle série spécialement réalisée, une exposition joyeuse et colorée comme une invitation à plonger (au sens propre) dans l'univers décalé de Laurent Perbos.

13 mars - 30 avril 2021

LA GRANDE PEUR

Luisa Ardila

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Luisa Ardila est née en 1990 à Bogota. Elle est diplômée de l’École des Beaux-Arts de Marseille, et lauréate du 1er Prix François-Bret en 2019.

 

Le titre de l'exposition, La Grande Peur, est emprunté à un roman de Charles-Ferdinand Ramuz, La Grande Peur dans la montagne, publié en 1925. Il s'agit d'une chronique montagnarde obscurcie par une mystérieuse superstition, et dont le drame final évoque l'implication de l'irrationnel dans la vie quotidienne.

En effet, il est question, dans la peinture de Luisa Ardila, et notamment dans cette nouvelle série réalisée pour l'exposition, d'images, de scènes,  extraits de la vie quotidienne de l'artiste, dont la combinaison sur une même toile  pousse à  un éclatement du réel qui engendre une histoire parallèle, désormais libre de s'épanouir dans nos pensées les plus profondes.

 

La dualité est un thème majeur dans l'oeuvre de l'artiste, comme le réel confronté au surnaturel, le vrai au faux, le bien au mal. Les personnages, souvent, se dédoublent, chacune des entités se révélant d'essence différente. La nature est traitée sur un plan d'égalité avec la figure humaine, ce qui lui confère une densité particulière et mystérieuse. L'homme, parfois, semble s'y diluer complètement pour devenir motif, forme, couleur.

 

Ces derniers toiles sont inspirés des tableaux votifs, et des blasons médiévaux, par leur composition. La toile est structurée en plusieurs espaces de représentation,  des scènes autonomes, mais aussi des zones saturées de motifs géométriques, composant ainsi une narration qui implique une lecture sensible, connectée à l'inconscient.

 

Dans le showroom sont présentées des oeuvres plus anciennes de l'artiste, deux toiles et céramiques de 2018, des oeuvres sur papier, et des multiples, réalisées à des périodes différentes.

Vidéo

Visite virtuelle de l'exposition

16 janvier - 27 février

PROPRIÉTÉ ET DÉPENDANCES

Jean-Yves Belliard

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Jean-Yves Belliard, né en 1972, vit et travaille à Billom, près de Clermont-Ferrand.

 

Sous ce titre étrange qui évoque à la fois un index typologique de l'habitat rural, ou un acte notarié répertoriant les constructions annexes rattachées à un bâtiment principal, l'exposition Propriété et Dépendances de Jean-Yves Belliard présente un ensemble de peintures sur toile ou sur papier qui semblent composer une histoire de l'architecture, très personnelle.

"Je travaille comme un archiviste, accumulant des documents sans me préoccuper de leur utilité immédiate, errances dans des banques d'images à la recherche d'échos intimes".

L'attachement à ce point référentiel que constitue  l'architecture pour l'artiste dans cette série d'oeuvres est cependant un prétexte à ce qui est le but à demi avoué d'une approche picturale qui tente une figuration traitée comme une abstraction : "je cherche toujours le moment de basculement entre ces deux pôles".

L'exemple de l'aboutissement de cette démarche est illustré par la série de tondi proposés dans l'exposition, dans lesquels l'artiste semble avoir extrait et synthétisé  des formes ou éléments architecturaux dans un format volontairement circulaire renforçant encore le processus d'abstraction.

Les références de l'artiste  abordent principalement l'architecture moderniste. Il s'intéresse par dessus tout à investir des projets non réalisés, des anomalies, ou des utopies, afin d'injecter dans ses oeuvres une bulle de mystère, une impression d'étrangeté et d'absurdité, et un sentiment de solitude.

 

L'exposition Propriété et Dépendances est la première exposition de Jean-Yves Belliard à la galerie Le Cabinet d'Ulysse, à découvrir du 16/01 au 27/02/2021.